La Salle de Prières de la Mosquée Hassan II du Maroc

SUR LES BORDS ENSOLEILLÉS DE L'ATLANTIQUE, l'esplanade de la Mosquée Hassan II peut accueillir 80000 fidèles. Mais la salle de prières, située au coeur de l'édifice, peut en abriter 25 000. Celle-ci, conçue sur un plan rectangulaire de 200m de long sur l00m de large, bénéficie de trois nefs perpendiculaires au mur de la qibta. Elle est plus profonde que large à l'instar des rnosquées de Kairouan, de Cordoue, des sanctuaires almohades de Rabat (vers 1195), de la mosquée almohado-métinide de Taza ( 1292) et de la mosquée mérinide de Fès Jdid (vers 1276).

L'orientation de ce type de nefs observe un ordonnancement dit "basilical". Ainsi en est-il de la Grande Mosquée de Kairouan considérée comme le modèle sur lequel ont été concues les mosquées érigées en Afrique du Nord, à l'exception toutefois des mosquées de Fès les plus anciennes : la Qarawiyyîn et la Mosquée des Andalous.

La nef axiale de la Mosquée Hassan II est plus large (40 m) et plus haute (38 m et 65m).

Elle est cythmée par une succession de coupoles variées où sont accrochés des lustres en verre de Murano et dispose d'une toiture qui, une fois ouverte, transforme le centre en une cour ensoleillée.

Cette forme de cour s'inspire du modèle de Kairouan. Cependant, par son emplacement particulier et ses dimensions, elle rompt avec l'ordonnancement de celui-ci. De part et d'autre, sont suspendues deux mezzanines réservées aux femmes. Elles sont surélevées à un peu plus de 2 m au niveau du sol des nefs collatérales.

La salle de prières s'éclaire, en dehors du toit ouvrant (3400 m2), par la succession de portes vitrées au mur nord, un grand triptyque de claustra de marbre et une baie centrale en plein cintre flanquée de deux baies latérales plus petites, occupant la hauteur du mur en façade. Ces panneaux dessinent, à l'extérieur, des ajours géométriques à base d'entrelacs rectilignes. Ils sont inscrits à l'intérieur d'arcs polylobés dont le voussoir est historié d'un décor floral sculpté rayonnant.

Cet usage de grilles de marbre pour le décor des portes, mais aussi l'emploi de faux claveaux alternativement lisses ou sculptés, fait songer à l'art omeyyade andalou (Grande Mosquée de Cordoue).

Les dimensions imposantes des piliers ( 13 m de hauteur), leur diversité dans la forme (carrés avec colonnes engagées, cruciformes enserrant un dispositif de colonnes) et la multitude de coupoles accentuent l'ampleur de l'ouvrage.

Tout cet espace est rev^tu de zellij polychrome à composition géomtrique, de plâtre ciselé dont l'ornementation procède de la flore, de la géométrie et de l'épigraphie, de marbre et enfin de bois peint, gravé, assemblé et tourné.

Dans ce décor, nulle surcharge. Et le parti pris de simplicité, réalise, à l'échelle monumentale, la grâce singulière d'un nouvel archétype dans les arts de l'Islam.

Présentation de l'oeuvre Dans le contexte historique Le Chantier, des records technologique Le Minaret Salle de prières La madrassa Contribution de l'artisanat Marocain La consécration