Travel in morocco
Guide Touristique du Maroc
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Dakhla

Dakhla, à 300 km de la frontière Mauritanienne, est la dernière ville du Sahara Occidental. C'est une ville ensoleillée battue par le vent et le sable. On peut y faire escale pour les dernières préparations des véhicules et pour les ravitaillements de dernière minute. La route qui y mène est étroite mais ils sont en train de la transformer en deux-voies.

Elle constitue le point de rencontre des personnes voulant se rendre en Mauritanie et les personnes remontant de Mauritanie. Ce qui crée une ambiance toute particulière.

C'est une ville destinée avant tout aux militaires. C'est de cette ville que partaient les convois militaires pour se rendre à la frontière mauritanienne.

Il y a quelques restaurants, hôtels et salons de thè. La plupart n'ont pas une offre très variée. Par contre, les eaux sont très poisonneuses. Avis aux pêcheurs ! Mais les plages ne sont pas belles et la mer très plate.

Le camping à 6 km avant Dakhla (et avant le poste de police) est très correct et constitue un point de rencontre bien connu du "milieu". Les douches y sont froides et les toilettes "à la turque" mais le gérant est sympa !

Lorsque vous allez à Dakhla en touriste du Dakhil (intérieur du pays), la politique n'est jamais très loin. D'autant que ce lieu de rêve est mis à la disposition de tous, sahraouis ou pas.

Si on vous disait qu'au Maroc, il existe un endroit où, en plein mois de décembre, on peut se dorer au soleil sur des plages infinies de sable fin, par 30°C, se baigner dans une lagune, observer des flamants roses, faire du windsurf et du kitesurf, déguster des grillades de poisson à volonté, vous répondriez que c'est impossible…

C'est pourtant possible, mais réservé à quelques initiés seulement… À

 

 

Dakhla, à plus de 1750 km au sud de Casablanca, et à 350 km au nord de la frontière mauritanienne. Dakhla est située à l'extrémité d'une presqu'île dont le grand bras de sable enlace amoureusement l'océan Atlantique, pour former une baie calme aux eaux claires de 40 km de long et de 3 à 6 km de large, est en fait un écosystème protégé des courants et battu par les vents, dans laquelle, les dunes de sable sont “pied dans l'eau”. C'est surtout en survolant la région, que l'on s'aperçoit de la géographie exceptionnelle : des côtes droites sur des centaines de kilomètres avec des plages de sable fin doré, des falaises hautes d'une vingtaine de mètres ouvrant sur des plateaux désertiques à perte de vue, des vagues gonflant avant de se casser, des eaux limpides laissant apparaître des bancs de poisson foisonnants…

Une ville discrète et cosmopolite
Il n'y pas beaucoup de touristes encore, dans la région. Mais sur le peu qu'on rencontre, bien des nationalités sont représentées. Surtout des Européens : Français, Néerlandais, Suisses, Irlandais, Suédois, et même une Indienne, chargée de mission pour l'ONU… Surtout des touristes troisième âge : un couple de retraités suédois logés dans le camping. De jeunes surfeurs néerlandais installés dans un vieux van, un papa français, fan de sport de glisse, venu initier ses deux enfants au kitesurf… Enfin, l'Irlandais, d'origine marocaine, n'est autre que le très professionnel directeur de l'hôtel Sahara Regency, le seul 4 étoiles de la région, qui accueille, tout au long de l'année, les représentants de l'ONU.
Dans cette ville administrative et de garnison, un habitant sur deux est un fonctionnaire ou assimilé, surtout des Marocains du Dakhil (Maroc intérieur), qui se sont installés dans la région. Les Sahraouis de souche semblent minoritaires. Ils ont souvent des postes de responsabilité “symboliques”, comme la direction des agences culturelles ou touristiques et parlent la langue hassanie. Les femmes, elles, étonnent par leur émancipation, héritée d'une ancienne tradition matriarcale. Les pêcheurs sont également nombreux. Brahim, par exemple, qui a longtemps été ouvrier dans la charpente métallique à El Jadida, à 100 Km au sud de Casablanca, s'est reconverti à la pêche et a émigré il y a 10 ans. Aujourd'hui, il est son propre patron, et a surtout, très sensiblement augmenté ses revenus… Les eaux poissonneuses de la côte atlantique marocaine font de cette région un véritable trésor halieutique. En haute mer, les bateaux-usines européens et japonais pêchent le thon sous concession marocaine. Sur les côtes, les centaines de floukates (barques de pêche artisanales bleues) bravent les vagues pour remplir leurs filets de poisson pélagique. Dans ce même port, de gros porteurs chargent des cargaisons de produits congelés destinés à l'Europe ou à l'Amérique Centrale. Cela dit, pour le fun, Dakhla n'est pas vraiment l'idéal… Les infrastructures et les attractions touristiques sont encore très limitées dans la région. Pour l'instant, il n'y a que le camp Dakhla Attitude qui tire profit du potentiel nautique de la lagune. Le club a été fondé par Rachid Roussafi, premier windsurfer marocain ayant participé aux J.O de Sydney en 2000. Rachid, bel athlète au look inédit du Windsurfer berbère, est fidèle à sa double identité : peau travaillée au soleil, cheveux blonds au vent, lunettes de soleil… le tout bercé par un accent berbéro-surfeur assez inédit.

Par contre, les excursions nature ne manquent pas : visite de la dune blanche, observation des oiseaux - les oiseaux migrateurs, des flamants roses notamment, font escale dans la baie avant de continuer leur périple - douche à l'eau chaude soufrée aux vertus thérapeutiques de la source Asmae, visite en zodiac de l'île du crocodile… Au coucher du soleil, les moniteurs du camp proposent soit de participer à leur match de foot en plein désert, soit de taper quelques balles avec de vieux clubs de golf, dans ce bunker infini qui se transforme en parcours saharien improvisé.

L'indépendance, une préoccupation lointaine…
Aujourd'hui, Dakhla est une ville sereine et paisible. Certes la présence militaire y est forte, comme toutes les villes de garnison, mais elle est beaucoup mieux lotie que la plupart des villes marocaines de sa taille : centrale thermique, centrale de désalinisation d'eau, aéroport, nouveau port de pêche, routes de qualité, infrastructures scolaires et hospitalières… Hassan II a indéniablement beaucoup investi dans cette région, et la population lui en est plutôt reconnaissante. Mais depuis quelques années, la ville a été un peu oubliée et sa gestion négligée. Ce n'est qu'à l'approche de la visite de Mohammed VI, l'année dernière, qu'elle a été reprise en main.

Daoud, le chauffeur de l'hôtel, sahraoui bien typé, semble avoir une affection sincère pour le nouveau roi : “Il est venu nous rendre visite, alors que personne ne vient nous voir ici, à l'extrémité du pays. Je l'ai vu tourner dans la ville, aller au contact des habitants de Dakhla, leur poser des questions sur leurs conditions de vie… Cela nous a vraiment fait plaisir”, raconte-t-il. Quant au front Polisario, il a bien mauvaise presse. Les nouvelles venues de Tindouf (où de nombreux habitants de Dakhla, comme dans tout le Sahara, ont des membres de leur famille) y sont pour quelque chose : vie dure dans des conditions sanitaires difficiles, sous des tentes, sans activité économique, commerce ni emploi…

De temps à autre, une mine anti-personnelle explose aux abords de Dakhla, après qu'un pauvre nomade sahraoui a marché dessus, s'étant aventuré en dehors des sentiers battus avec son chameau. Un rappel, comme il y en a de temps à autre, du fait que les troupes du Polisario, il y a 15 ans, étaient venues combattre les forces armées royales aux portes de la ville… La question de l'indépendance se pose avec moins d'acuité ici que dans le reste du Sahara. D'abord parce que la ville, est plutôt cosmopolite et que ceux du “Dakhil” y sont prépondérants, ensuite parce que, on l'a vu ailleurs, l'indépendantisme se nourrit surtout des difficultés économiques. Or il ne semble pas y en avoir tellement, dans cette petite ville tranquille aux confins du désert… Miracle imputable au Maroc ? Ce n'est pas si simple. “L'économie de la région est clairement subventionnée, lâche un jeune cadre du Dakhil, entre deux phrases. Ce sont les salaires des fonctionnaires et des soldats qui font tourner les commerces. Il n'y a pas d'ambiguïté : le Maroc a choyé les gens d'ici pour les séduire. Et ça a l'air de marcher…”. Il poursuit : “Cette politique tout aussi généreuse qu'intéressée, sème subrepticement la marocanité dans l'esprit des générations montantes, ce qui fera probablement, à terme, pencher la balance en faveur du Maroc”.

L'ONU a longtemps cherché à déterminer si les sahraouis avaient, avant l'occupation espagnole, fait allégeance ou non au Sultan du Maroc, si leur territoire était ou non rattaché au Maroc… Mais la population, manifestement, s'en fiche. Pour elle, le plus important est que celui qui aura la souveraineté sur cette région soit à la hauteur de la gestion d'un territoire aussi grand, et soit en mesure d'offrir des conditions de vie décentes et un réel bien-être aux habitants. Les investisseurs, en tout cas, n'ont pas attendu, pour affluer, que “l'ONU entérine la marocanité de fait” de Dakhla.

On constate, d'ores et déjà, que des entreprises de pêche de Laâyoune, ont monté d'importants entrepôts frigorifiques, des entreprises agro-alimentaires d'Agadir ont monté des cultures en serre de tomates, et le bruit court qu'un important industriel Rbati serait en train d'étudier un projet touristique dans la lagune…