Meknès, à visiter

Les Lieux de Meknès à visiter

Ville de la démesure qui mobilisa des miliers d'architectes, d'ingénieurs, d'artistes. Meknès offre aujourd'hui toute sa noblesse dans un panorama inaltéré. Elle vous accueille au soleil couchant, lorsque la cité impériale s'enflamme, réverbérant à l'infini l'ocre jaune de ses remparts. Vous invite à partager la fraîcheur de ses somptueux jardins. Et vous émeut, à Moulay-Idriss, sur le tombeau du fondateur de la première dynastie, autant qu'à Volubilis, sur les ruines de l'antique cité romaine.

Merveilleusement assise sur une colline longeant l'oued Bou Fekrane, Meknès s'annonce, de tous côtés par une douzaine de minarets s'élevant de la masse blanchâtre de ses innombrables maisons. À son pied, court une ceinture ocreuse de hauts remparts, bastionnés et crénelés, qui se multiplient aux endroits les plus vulnérables.

Comme à Fès et selon les principes de Lyautey, c'est en face de vielle ville, de l'autre côté de l'Oued Boufekrane, que fut construite la ville moderne, laissant ainsi intactes la médina et la ville impériale. "Meknès la neuve" est un centre économique actif, au coeur d'une région agricole, fruitière (argumes et oliviers, vignobles) et forestière (chênes-lièges).

La cité moderne est un bon exemple d'urbanisme aéré. Il faut la traverser jusqu'à l'hotel Transatlantique, dont les jardins offrent une vue magnifique sur la ville ancienne.

La visite de Meknès, s'attachera à la médina et à la ville impériale, installée sur la rive gauche de l'oued. Toutes les rues conduisent à l'immense place El-Hédim, située à la limite de la médina et de la ville de Moulay Ismaïl. Son nom, "place de la démolition", lui fut donné aprés que des tonnes de gravats y furent entreposés, lors des travaux de reconstruction de la cité. Cette immense place, de 200m de long sur 100m de large, est dominé par Bâb Mansour El Aleuj dont le nom rapelle le renégat chrétien qui la construisit à la fin du régne de Moulay Ismaïl. La porte ne fut achevée qu'en 1732, sous le règne de son fils. Bâb el Mansour est généralement considérée comme la plus belle des portes du Maroc : sa symétrie est remarquable, et sa taille surprenante. Comme toutes les réalisations du sultan visionnaire, ce qui en émane est moins l'élégance que la robustesse et la puissance.

C'est de la place el-Hédim que démarrera la visite. Un guide n'est pas nécessaire, même s'il est commode et parfois instructif d'en avoir un.

Une fois passé Bâb el Mansour, vous voici, avec ou sans guide, place Lalla Aouda, bordée par un fin minaret. Vient ensuite Bâb Filala, puis Koubat el Khayatine, le Pavillon du sein, où le sultan recevait les invités étrangers. A l'intérieur, un escalier descend vers des chambres souterraines, sombres et voûtées, qui servirent de greniers et, dit-on aussi, de geôle pour les prisonniers chrétiens. Au fond de la place, Bâb Moulay Ismaïl donne accès au mausolée de Moulay Ismaïl. Le monumenl fut restauré sous le règne du roi Mohammed V.

Les non-musulmans peuvent visiter la mosquée funéraire, cas unique au Maroc. Comme la petite mosquée de service construite dans les années 50, la salle du mihrab est accessible (ne pas oublier de se déchausser avant d'entrer). Cette pièce, soutenue par douze colonnes, est coiffée d'un curieux plafond en coupole. On pourra admirer la porte très travaillée de la salle du mihrab, puis toute une série de pièces à ciel ouvert, ainsi que la cour aux ablutions. Les tuiles vertes vernissées sont en excellenl état; des motifs géométriques simples contribuent à la splendeur de l'ensemble. Les murs et le patio sont recouverts de mosaïques aux couleurs éclatantes; les stucs sont particulièrement délicats.

On aura un excellent exemple de l'effet de masse obtenu par la répétition de motifs élémentaires en examinant les portes de cèdre, où se retrouve le dessin très linéaire des mosaïques.

Il ne semble pas que le souvenir des cruautés et de la violence de Moulay Ismaïl diminue en rien le respect que lui portent encore les Marocains. Il est assez étonnant de voir qu'un souverain si sanguinaire repose dans une tombe d'une grande splendeur que les musulmans de tout le Maroc continuent à visiter pieusemenl. En fait, ils sont bien souvent persuadés qu'un pèlerinage à ce tombeau est à même de leur apporter un peu de la baraka du grand roi. Il y a même non loin une porte qui ouvre sur un petit cimetière, où l'on peut encore se faire inhumer à quelques dizaines de mètres du terrible monarque.

Une promenade le long des grands murs d'enceinte - un couloir de deux kilomètres - laisse vite une impression de démesure. La plupart des palais sont en ruine, seuls quelques-uns ont été restaurés et servent de nos jours de caserne ou d'école.

Dar el Kehira, le palais de Moulay Ismaïl, construit en 1697, n'existe plus; il fut détruit par le fils et successeur du sultan. Seule en subsiste une porte, la Bâb Sidi Amar.

Le Dar el Makhzen ne fut achevé qu'à la fin du XVIIIe siècle. Ce bâtiment a retrouvé aujourd'hui, après maintes restaurations, son usage premier : la famille royale y réside régulièrement. On ne peut, hélas! le visiter.

Le monument le plus remarquable de la ville impériale est le Hérij Es Souani, ou grenier à grain. Ces immenses silos sou- terrains abritaient les fourrages et les céréales destinés à l'imposante cavalerie chérifienne. Une série de citernes complète les greniers. Près de l'une d'elles on verra encore fonctionner l'ancienne noria utilisée pour faire monter l'eau. Ce rôle de citerne principale explique le second nom que portait ce bâtiment, Dar el Ma, ou "la maison de l'eau". On ne manquera pas de monter sur les terrasses pour admirer une superbe vue sur la ville.

Le bassin de l'Aguedal couvre plus de dix hectares. Il fut construit sur l'ordre de Moulay Ismaïl et était destiné à arroser les jardins. Comme le Hérij, il avait une fonction de défense : son eau devait servir aux habitants de Meknès en cas de siège des tribus berbères.

Roua, l'Écurie, est un autre exemple de démesure. Cette salle immense, aux vingt-trois nefs et aux centaines de piliers, pouvait accueillir près de douze mille chevaux. Les palefreniers, maréchaux-ferrants et vétérinaires, que nécessitait leur entretien, étaient logés non loin. Les équipements étaient conservés dans une sellerie voûtée proche d'une grande pièce octogonale dont on admirera la coupole. Moulay Ismaïl qui avait une grande passion pour les chevaux fit même cadeau à Louis XIV de superbes étalons.

 

 

La médina

Pour la visiter, il faut revenir à Bâb el Mansour - il n'est pas difficile de s'y garer, et un gardien de voitures se chargera de votre véhicule pour 2 ou 3 Dh. On entrera dans la médina par la place el- Hédim. Dans un angle est discrètement situé le palais Jamaï, qui abrite le musée des Arts marocains. Le bâtiment fut construit pour le vizir Jamaï - ministre de Moulay el-Hassan - par le même architecte que celui du palais de Fès tnaintenant transformé en hôtel (le Jamaï). En le visitant, on aura une bonne idée de ce qu'était la maison d'un vizir à la fin du siècle dernier : un jardin dans une cour intérieure, un patio central, des pièces de réception à l'étage... La plupart des pièces abritent maintenant de très belles collections : des faïences, des broderies de Meknès, des tapis, des sculptures sur bois, qui donnent un bon aperçu des traditions artistiques de la ville. Au premier étage a été reconstitué l'appartement du vizir.

C'est de la médersa Bou Inania qu'on aura l'une des plus belles vues sur la médina et sur le minaret de la grande mosquée. L'édifice date du XIVe siècle. On remarquera surtout une palissade de moucharabiehs qui sépare la cour des chambres des étudiants.

La rue principale est très animée. Le souk es Sabbat se prolonge par le souk Nejjarine (marché des menuisiers). On trouvera dans le premier de la vannerie, des poteries, du cuir travaillé - dont de belles selles berbères. On se rendra à la kissaria (marché aux tapis et aux tentures tous les jours, sauf le vendredi), pour assister à une vente à la criée (souk Ed Dlala).

Sidi ben Aïssa

A l'extérieur de la médina on prendra la rue Sekakine jusqu'à Bâb Berrima. De cette porte on peut aller en suivant l'avenue du Mellah, voir Bâb Khemis. Il reste encore à franchir une dernière porte Bâb Berdaïn, avant d'atteindre la koubba de Sidi ben Aïssa. Ce petit mausolée abrite les restes de Sidi Mohammed ben A'issa, mort en 1523, patron d'une confrérie religieuse, les Aïssaoua, qui se développa dans toute l'Afrique du Nord. La veille de la fête du Mouloud, date de leur moussem annuel, plus de cinquante mille personnes se rassemblent ici pour participer à des rites astreignants.

Ben Aïssa eut de son vivant la réputation de transmettre de curieux pouvoirs. Ainsi ses disciples pouvaient se nourrir de scorpions venimeux aussi bien que de tessons de bouteille, sans qu'ils aient à en souffrir. C'est de là sans doute que viennent les rites de la confrérie. Jusqu'à récemment, des fidèles en transe s'infligeaient de sanglantes ou dangereuses épreuves qui attiraient la réprobation des autres musulmans. Les moussems des Aïssaoua sont maintenant beaucoup plus tranquilles.

Il serait dommage de venir à Meknès sans se rendre à Volubilis et à Moulay Idriss. Ces deux hauts lieux de l'histoire marocaine, la cité romaine et la ville-tombeau du fondateur de la première dynastie marocaine, sont à moins de 50 km de Meknès. La route qui y conduit prendre d'abord la P26, puis la P28 pour se diriger vers le col du Zegotta traverse le massif forestier du Zehroun avant de déboucher sur une plaine. Un lieu saint de l'lslam et des ruines de l'Antiquité classique sont installés à quelques kilomètres l'un de l'autre.

HISTOIRE DE LA VILLE DE MEKNÈS.

La fondation de Meknassa ez-Zitouna, Meknès aux oliviers, remonte au IXe siècle, lorsque des Berbères de la tribu zénète des Meknassa s'établirent au coeur de la plaine fertile du Saïs. Une série de petits villages apparut sur les rives de l'OUED BOU FEKRANE.

Premiers Bâtisseurs: Les Almoravides prirent possession de la ville en 1069, édifièrent un bastion et une casbah (quartier fortifié) à l'emplacement actuel du quartier de Touta. Meknès devint prospère, aussi fut-elle convoitée dès 1120 par les Almohades. En 1145, aprés un siège qui dura près de sept ans, le sultan almohade Abdel-Moumen entra dans la ville et ordonna l'exécution des rebelles. Meknès fut désertée. Dans la première moitié du XIIe siècles, les Mérinides envahirent la région et profitèrent de l'affaiblissement des Almohades pour s'emparer de Meknès. Des travaux furent entrepris, une casbah, une mosquée, une médersa, plusieurs fondouks furent bâtis.

La cité devint la résidence des vizirs, mais la chute de la dynastie mérinide entraîna le déclin de Meknès. Au début du XVe siècle, les Berbères de la ville et de la plaine environante, évincés par les populations arabes, se retranchèrent dans les montagnes. Meknès passa aux mains des Watasides, des Saadiens, puis connut sa véritable gloire au XVIIe siècle, sous le règne de Moulay Ismail.

CAPITALE ALAOUITE. Après avoir été proclamé sultan de la nouvelle dynastie alaouite à la mort de son frère, en 1672, Moulay Ismaïlchoisit Meknès comme capitale politique et militaire et entreprit de la refondre dans un style présaharien. Mille à trois mille captifs chrétiens venus de Fès , et vingt à trente mille prisonniers des tribus des régions environnantes, furent employés quotidiennement à la tâche. Le sultan alaouite fit détruire la casbah mérinide et une partie de la vieille ville pour faire élever une énorme muraille dotée de portes monumentales. Il fit construire des mosquées, des casbahs pour sa garde, des greniers, des écuries, des jardins et le Dar Kébira. Il fit prélever des matériaux dans les ruines de Volubilis et au palais el-Badi à Marrakech pour réaliser, au sud de la ville, une immense cité impériale, le Dar el-Makhzen, dans laquelle il entendit rassembler son administration personnelle et son harem, dont on dit que les cinq cents femmes étaient originaire de toutes les contrées.

 

HOMME DES MEKNASSA. Il porte la djellaba rayée, particulière aux habitants du Maroc septentrional, plus courte que la citadine, plus longue que la montagnarde, et le haïdou en laine de chèvre tissé par les Berbères des montagnes, du Rif. Ses irkassène sandales de peau sont fermées par les lacets d'alfa.

CAMP MILITAIRE ET RÉSEAU DE FORTERESSES. L'armée de Moulay Ismail comptait cent cinquante mille hommes. Elle était composée d'esclaves noirs, d'immigrants arabes, de Soudanais, d'Andalous et de chrétiens. Afin de maintenir et de régénérer cette année, il installa à Meknès un gigantesque camp militaire attenant au palais. Il donna des femmes à ses soldats. Tous les enfants nés dans le camp furent formés pour servir l'État dès leur plus jeune âge. A quinze ans ils étaient incorporés dans l'armée. Moulay Ismail créa à travers l'empire un réseau de soixante-seize forteresses encore utilisées comme garnisons.

 

 

 

 

 

 

UN REVE INACHEVÉ. Le sultan souhaitait multiplier les éhanges avec la France. En 1698, Moulay Ismail envoie en France une mission chargée de conclure une alliance politique et de traiter le rachat des captifs. Le 16 février 1699, Louis XIV reçoit Ben Aïcha à Versailles, mais toute entente demeure impossible. De retour à Meknès Ben Aicha fait à son sultan le récit émerveillé de ses pérégrinations et de sa rencontre avec Anne-Marie de Bourbon, future princesse de Conti et fille du Roi-Soleil. Ses éloges et ses descriptions font naître un tel appétit chez Moulay Ismaïl qu'il sollicite auprés du Roi de France la main de la princesse. Dès lors, celle-ci inspira bon nombre de nouvellistes et poètes de la cour. Jean-Baptiste Rousseau composa pour elle ce couplet:" Votre beauté, grande princesse, Porte les traits dont l'amour blesse jusques aux plus sauvages lieux; L'Afrique avec vous capitule, et les conquêtes de vos yeux vont plus loin que celles d'Hercule..." La demande en mariage fut rejetée. Les guerres successorales qui éclatent après la mort de Moulay Ismail , en 1727, et le tremblement de terre de Lisbonne marque le déclin de Meknès. Pourtant la cité demeure l'une des plus importantes bases militaires du Maroc. Séparées par l'oued Bou Fekrane, la partie ancienne et la cité moderne bâtie à partir de 1920, sous le protectorat français, rassemblent près de trois cent mille Meknessi.

LES REMPARTS. La partie ancienne de la ville est ceinturée sur près de 40 km par des remparts constitués de trois enceintes. La première, basse, était destinée à arrêter les cavaliers. La seconde, plus haute, empêchait les fantassins de pénétrer dans la ville. La troisième, plus élevée encore, arrêtait tous ceux qui étaient parvenus à passer les deux premiers obstacles. Cette imposante muraille édifiée sous le règne de Moulay Ismaïl pour défendre l'entrée de la cité fut percée de portes monumentales, de tours et de bastions.

BAB BERDAINE. Cette porte, construite au XVIIe siècle sur ordre du sultan Moulay Ismaïl, ouvre sur le quartier nord de la médina, des fabricants de bâts, dont elle tire son nom. Elle est dotée de deux bastions carrés, décorés de faïences vertes. Son arc triomphal encadre le minaret de la mosquée Berdaïne édifiée à la même époque. La porte des bâts est un exemple de construction alaouite de la fin du XVIIe siècle, inspirée de la tradition architecturale militaire des Saadiens. Elle compense son allure massive par une ornementation de céramiques à dominante verte et une riche décoration de caractères coufiques en zelliges.

BAB EL-KHEMIS. Elle constituait l'entrée principale de la ville des jardins et de l'ancien mellah (le quartier juif), bâti au XVIIe siècle, sur un terrain offert par Moulay Ismail à un médecin juif qui avait guéri l'une de ses princesses. La porte, encadrée de deux bastions ornés d'écoinçons à cartouches verts, arbore une riche décoration où se mêlent ornements curvilignes très colorés et caractères coufiques. Une inscription gravée sur le fronton de la porte traduit l'ambition du sultan qui la commanda : "Je suis la porte ouverte à tous les peuples, qu'ils soient d'Occident ou d'Orient". La ville des jardins aménagée à l'ouest du DAR KEBIRA a été entièrement détruite en 1729, sous le règne de Moulay Abdallah.

Des immeubles modernes ont été construits sur les ruines de l'ancien quartier juif. Un nouveau mellah datant du XXe siècle s'étend à droite de Bab el-Khemis.

De grands caractères coufiques aux majestueux jambages brodent en noire la frise qui s'étend au-dessus de l'arc profond en fer à cheval. Leur dessin déroule une strophe, une belle phrase harmonieuse:" Je suis la porte heureuse semblable, par ma gloire, à la pleine lune dans le ciel. J'ai été construite par Moulay Ismaïl. La fortune et la prospérité sont inscrites sur mon front, je suis entourée de bonheur."

BASSIN DE L'AGUEDAL. Derrière 1es trois murailles, dont chacune est fermée par une porte, apparaissent les JARDINS DES SULTANES, où une autrucherie fut aménagée par Moulay Ismaïl. Le bassin de l'Aguedal, ci-contre, étend ses 4 ha d'eau à deux pas du palais impérial.. Ce réservoir, creusé sur ordre de Moulay Ismaïl, était régulièrement alimenté par une canalisation d'environ 25 km de long aboutissant non loin d'el-Hajeb. II servait à l'irrigation des jardins royaux et à l'amusement des favorites de Moulay Ismail. En temps de guerre, il constituait une réserve d'eau pour les habitants.

 

 

 

GRENIERS DE MOULAY ISMAIL. Plus au sud se dresse le Dar EL-Ma (maison de l'eau), construit aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les greniers Heri es-Souani, attenant à l'édifice, faisaient office de magasins où étaient entreposés les réserves alimentaires de la ville, mais aussi le foin et le grain prévus pour nounir les douze mille chevaux du souverain. Les murs de 7 m d'épaisseur ainsi qu'un réseau de canalisations souterrain maintenaient une température une température fraîche et constante à l'intésieur des réserves. Pour alimenter les conduites, des norias actionnées par des mulets ou des chevaux élevaient l'eau des citernes de 40 m de profondeur. D'après les chroniqueur de l'époque, l'obsession de Moulay Ismail d'être assiégé fut à l'origine de la démesure des greniers qui, une fois remplis, auraient pu assurer la survie de la ville pendant vingt années ! Aucun siège ne dura en réalité plus d'une semaine sous son règne. Dans l'une des salles, une grande porte en bois sculpté provenant du palais royal présente en son centre un soleil. Autrefois appelé rosace, il était le symbole de la dynastie mérinide. Son existence est antérieure au soleil de Louis XIV dont on a dit, à tort, que Moulay Ismaïl s'était inspiré. Les motifs géométriques à l'extérieur de la rosace représentent le cosmos et l'interdit, c'est-à-dire ce qu'on ne peut et ne doit atteindre. Derrière le premier corps de bâtiment, parfaitement conservé, se trouve une immense construction à ciel ouvert, composée de vingt-trois nefs et piliers en pisé. Le plafond de la salle atteignait à l'origine 12 m de hauteur et la longueur du trapèze était deux fois et demie supérieure à ce qu'elle est a ujourd'hui. Le mur qui le raccourcit a été érigé par Moulay Abdallah au XVIIIe siècle. Il y installa un arsenal, transformé plus tard en manufacture de tapis. Le toit s'est écroulé en 1755 sous l'effet des ondes de choc-ressenties jusqu'à Fès et Rabat - du tremblement de terre de Lisbonne. La casbah était constituée de plus de cinquante demeures, disposant chacune d'une mosquée et de bains. Elle était entourée d'un immense jardin planté d'arbres fruitiers et doté d'un gigantesque bassin. Un chemin dallé conduisait à la distillerie de parfum des sultan.